Voyage

Que visiter à Phnom Penh – Cambodge

25/02/2016

Retour sous la chaleur étouffante d’un mois d’octobre au Cambodge. Nous avons beaucoup de chance, octobre est le mois de la mousson et nous passons entre les gouttes, pas énormément de déluges pour le moment mais un taux d’humidité dans l’air assez impressionnant, surtout pour mes cheveux frisés. Après les temples d’Angkor et Battambang, direction le sud du pays.

Ligne droite vers la capitale Phnom Penh où nous allons passer quelques jours avec des amis qui nous rejoignent de Singapour. 4h00 de bus calms, m’habituerais-je? Nous arrivons dans un havre de paix au cœur de la capitale, le Kabiki, un hôtel de style colonial avec une splendide piscine. Nous nous offrons le luxe pour un week end, quel bonheur!

Les incontournables de la capitale

Le Palais royal : nous débutons les visites culturelles dès notre arrivée. Le roi loge dans son palais donc plusieurs lieux sont interdits à la visite. Il n’y a pas beaucoup de bâtiments à visiter. Le palais est splendide, il me fait penser au palais royal de Bangkok en plus petit. On retrouve toutes les dorures,  statues et l’entretien digne d’un lieu aussi sacré! Attention aux horaires, le palais ferme en fin de matinée (11h00) puis tôt l’après midi.

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Musée national du Cambodge: très souvent mentionné lors de notre visite dans les temples d’Angkor, le musée conserve de nombreux vestiges de Siem Reap. Le bâtiment du musée est vraiment charmant, il y a un petit patio au centre. En terme de collection, le musée est effectivement complet mais il reste petit. Bonne introduction si vous commencez par la capitale pour remonter à Angkor. Mais si c’est le contraire, vous n’apprendrez pas plus. Le musée de Siem Reap reste à mes yeux beaucoup plus intéressant.

Le marché central: un marché en apparence « banal » pour le Cambodge mais c’est le nez en l’air que l’on découvre ce lieu atypique. Un immense dôme art déco en béton construit dans les années 30 protège ce lieu. On ne s’attend pas du tout à ce choc architectural au centre de la capitale. Autre particularité, le marché est compartimenté. Il existe des « quartiers », celui des bijoux, vêtements, fleurs, épices puis une explosion de couleurs et saveurs avec les fruits et légumes. Nous n’avons pas gouté les galettes de mini crevettes, je suis allergique, dommage. Mais nous avons respecté notre rendez-vous quotidien: un arrêt smoothie fruits de la passion/mangues fraîches.

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Sisowath Quay: le Mékong borde la ville de Phnom Penh et d’immenses quais ont été aménagé tout le long de la route qui borde la rivière. Ces quais me font penser à la promenade des anglais à Nice, la même  forme incurvée et un immense trottoir tout le long. Les cambodgiens y sortent dès la nuit tombée pour leur cours d’aérobic et pour profiter des marchés nocturnes et nombreuses animations.  Je vous conseille de ne pas trop vous aventurer sur ces quais la journée, les pavés stockent la chaleur et réverbèrent la lumière, un véritable sauna.

Le Phsar Reatrey: l’incontournable marché de nuit pour s’immerger dans le quotidien des Cambodgiens. Ici peu ou pas de touristes, c’est parfait. On se perd dans les allées de stands de nourriture bon marchés et on savoure les plats typiques sur les immenses nattes à même le sol. Je me languis du jus de sucre de canne pressé sous mes yeux agrémenté d’une larme de citron vert… C’est tellement bon!

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Après les enchantements de la ville, retour vers le passé …

Les deux grands RDV incontournables afin d’essayer de comprendre les 3 années d’horreur sous Pol Pot. Je vous avoue que j’étais réticente à aller visiter la prison et le charnier des années 70. Je m’attendais à ne voir que des scènes d’horreur et un certain voyeurisme des touristes.  J’ai visité ces lieux uniquement parce que mes amis souhaitaient y aller MAIS Je ne regrette rien. IL FAUT respecter le devoir de mémoire et ce travail passe par ces lieux. Les visites sont didactiques, on ne tombe jamais dans le « glauque » ou le voyeurisme. Je n’ai cependant pas pris de photos de ces lieux parce que j’en était incapable. Vous trouverez sur le net toutes les photos nécessaires.

S21 ou Tuol Sleng: prison la plus célèbre de la ville durant la dictature. Le gouvernement a recensé 14 000 victimes et seulement 200 survivants. Avant d’être une prison, Tuol Slang était un lycée. Au rez-de-chaussé on parcourt les pièces où les geôles étaient établies. On imagine bien (ou presque) les conditions de vie des prisonniers. Au premier étage, le témoignage de rescapés et habitants de la ville. Dans la cour, quelques tombes et des moyens de torture plus horribles les unes que les autres. Silence de mort pendant la visite même si nous étions entourés de touristes. Gorges nouées et yeux brillants à la sortie. Quelques anciens détenus attendent tout sourire à l’entrée du musée prêt à signer leur livre témoignage. Mais aussi et surtout une fameuse photo d’un miraculé serrant la main, quelques années après la fin du régime, à son tortionnaire. Premier lieu ou l’on ne ressort pas indifférent.

Choeung Ek ou The Killing Field: second rendez-vous avec l’horreur à 15 kilomètres de la capitale. On arrive dans une sorte d’immense terrain bosselé avec, au centre, un stupa où ont été exposé les squelettes des victimes retrouvées sur place (17000 victimes). Avant de devenir un camp d’exécution, Choeung Ek était un cimetière chinois. Le charnier se visite avec un audio-guide qui vous fait entrer instantanément dans   une bulle prêt à entendre la réalité. On s’arrête à des bornes qui relatent les étapes avant l’extermination, entrecoupés de témoignages. Nous étions 4 à visiter et nous nous sommes pas adressés la parole pendant les 2h00 de visite. L’horreur absolue. Chacun sera marqué par des petits détails, on  ne ressort pas indemne de cette visite. La vérité est crue et elle se voit toujours. En effet, bien que les squelettes et les reliques aient été soigneusement  récoltés, depuis 70 ans, des vestiges remontent à la surface. Les moussons font recracher de la terre des vestiges de l’horreur. Je suis tombée nez à nez avec des dents et une robe de petit bébé… Des panneaux  proposent aux visiteurs de ramasser les vestiges trouvées et les laisser à certains endroits,  je n’ai pas pu. On passe devant un arbre dont le tronc, à l’époque, était recouvert d’éclaboussures de sang et de matière grise. Lors de la découverte du lieu, personne n’a compris pourquoi…  Mais un des tortionnaire est venu sur le site pour témoigner. Pour économiser les balles, ils tapaient la tête des bébés sur les troncs avant de les jeter dans la fosse d’à coté. Puis, une musique dans la casque. Une musique communiste qui était diffusée très très fort pour couvrir les bruits de balles afin de ne effrayer les prisonniers qui arrivaient. Cette musique accompagnée des tirs résonne encore dans ma tête.

Une visite longue, éprouvante mais nécessaire. Pas de photos ici non plus, à quoi bon? Fin de la journée, le soleil est encore brûlant, on refait le voyage dans l’autre sens, tous les 4, les yeux dans le vide.

Un site web sur le génocide: ici

Retour à plus de légèreté, promenez-vous dans les rues et ruelles. Les quartiers sont vraiment différents entre celui des expats avec ses cafés et marques internationales et les petites ruelles plus typiques. Il y a de quoi faire dans cette jolie capitale.

Koh Dach – l’île de la soie

Encore une journée dans la capitale avant de descendre sur la côte-ouest du Cambodge. Nous décidons de nous éloigner un peu de la ville et partir sur une petite île à quelques kilomètres. On emprunte des vélos à l’hôtel et hop on fonce vers le nord de la ville. On longe les quais, en journée, l’ambiance est encore différente. Koh Dach est l’île de la soie, lieu où la concentration de tisseurs est impressionnant. Le guide avertissait que nous allions être accosté par de nombreuses tisseuses… on a vu PERSONNE. En basse saison c’est fou comme rien ne semble pareil.

Nous avons pris un vieux bac pour la traversée en vélo (attention les lieux pour la traversée sont assez compliquées à trouver). Arrivés sur l’autre rive, nous nous mêlons aux locaux. On fait la course avec des écoliers, toujours le sourire aux lèvres et des « Hello ». On se trompe de route, on pédale à bloc sur des chemins bosselés et on tombe sur un village de la soie par le plus grand des hasards (je crois surtout qu’on se sait pas lire les guides!).
Fin de journée après une bonne quarantaine de kilomètres, mal aux fesses, déshydratation et un masque d’1 cm de poussière et de sable sur le visage. Jolie escapade, typique et je reviens sans achats (grande première).

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Koh Dach_wayout

Koh Dach_silk

Ou dormir, que manger, quoi ramener …

Les prix dans la capitale sont plus chers que dans le reste du pays. Même Siem Reap est plus bon marché. Le choix est vaste mais comme toute capitale, la situation de l’hôtel peut s’avérer stratégique. Conseil: le monument de l’indépendance est un peu le point central pour se retrouver.

QUARTIER STREET 240

Soit, au nord du monument, très cossu et calme. Le quartier de la Street 240 est idéalement placé pour visiter la ville. Le Palais royal est à quelques rues.

L’hôtel testé et la « cantine » du coin :

The Kabiki Hotel: Il s’agit d’un hôtel « luxe » mais cet endroit, au plein coeur de la ville est un écrin de verdure et de calme. Autour d’une superbe piscine, un petit parc cache des bungalows traditionnellement décorés. Des petites intentions dans les chambres sont, pour moi, le comble du luxe: bougie du diffuseur d’huiles essentielles allumées lorsque l’on entre dans la chambre, corbeille de fruits exotiques, fleurs fraîches dans toutes les pièces. Big-up pour les petits déjeuners que je n’ai JAMAIS vu ailleurs.
L’hôtel comme tous les hôtels de la ville, est peu compliqué à trouver mais quand vous comprenez que tous les hôtels sont dans des mini ruelles, vous n’aurez plus peur d’oser vous y aventurer.

The Vegetarian: Pour éviter de dépenser, l’alternative est ce petit restaurant à quelques mètres de l’hôtel. Pas cher, les portions plus que généreuses, on mange des plats végétariens au coeur d’un patio sous une vaste végétation. Fanatique des détails, coup de coeur pour le coin lavabo situé à l’extérieur, dans le patio,   pour se laver les mains, trop mimi.

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QUARTIER TONLE BASSAC

Au sud du même monument, des hôtels plus milieu de gamme, le quartier Tonlé Bassac est apprécié par les employés des ONG par ex, des expat et des flashpacker (les back packer riches). Très bien située notamment pour les bars et restaurants le soir.

L’hôtel testé et la « cantine » du coin

The Diamond Palace Resort and sky bar : hôtel très bien situé, moderne, calme et propre. Vraiment une bonne adresse. Impossible à trouver seul la première fois, comptez sur les tuk tuk!

Malis Cambodian Restaurant: un havre de paix! Vraiment très joli restaurant, et the place to be pour les locaux chics, le week-end le restaurant est plein. Les plats sont traditionnels, la carte est très étoffée et les mets succulents!

Sinon il y a quantité de jolis « bars-boulangeries » dans la ville. Les décorations sont vraiment bluffantes. N’allez pas manger une glace au Blue Pumpkin, c’est « juste » fashion mais pas top. Allez boire un jus dans le café-restaurant Grand River, les smoothies sont à tomber (en face shopping avec Bodia Nature)

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Shopping

Bodia Nature: marque de cosmétique Khmer, Bodia Nature propose des crèmes et produits sans colorants ni conservateurs. Huiles essentielles, aromathérapie, épicerie, bougies, tout est beau et de belle qualité.  J’ai acheté des onguents, dont les Cambodgiens sont fans, il en existe pour tout ou quasi. Le fameux baume du tigre mon allié « anti vomito », technique empruntée aux cambodgiennes malades dans les transports publics. On tapote un peu de baume sur les tempes, le creux des poignets et sous le nez, et ça fonctionne. Et achats compulsifs de scrubs aux huiles essentielles. Les bougies me faisaient de l’oeil mais il paraît qu’il y avait un soucis de place dans la valise???  Et comme un fait exprès pour le porte monnaie, Bodia Nature possède un site web marchant international, vous pouvez commander en France.

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Voilà, un long week-end de 4 jours « à la capitale » et un départ pour le sud du pays pour découvrir les plages. La suite vite!

Bises

Crédits photos: ©Charlie ou cliquez sur les photos.

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6 Comments

  • Reply traveling brunette 25/02/2016 at 18:49

    Je ne suis pas restée suffisamment à Phnom Penh malheureusement pour faire et faire autant de choses que toi mais je me souviens d’être tombée sous le charme des magnifiques fresques montrant des scènes de Ramayana au Palais Royal et je me souviens aussi qu’il y avait pleins de restaus plus tentants les uns que les autres !

    • Reply Charlie 29/02/2016 at 09:59

      Oula oui en terme de restaurants il y a vraiment un large choix!
      C’est fou comme la nourriture et importante dans le choix de mes voyages, et je pense de pas être la seule! 🙂

  • Reply Madeleine à bicyclette 29/02/2016 at 19:37

    Le marché me fait rêver entre les jus de cannes tout frais et les bols de soupe à même la natte! Et les photos de la tisserande et les petits « nids » à soie sont très intéressantes, je ne savais pas qu’un nid à soie ressemblait à ça … enfin si c’est bien ça?
    Madeleine à bicyclette Articles récents..Chaï tea et épices ayurvédiquesMy Profile

    • Reply Charlie 01/03/2016 at 09:37

      Oh oui les jus!!!! Impossible d’en trouver dans nos pays… pfff va falloir y retourner, pas le choix 🙂
      Je ne sais pas si cela s’appelle comme ça mais oui, les vers sont dans leurs cocons suspendus un peu partout en attendant de les récolter. On a même vu la récolte. Ils trempent le cocon dans de l’eau bouillante et déroule le fil à soie petit à petit, un long travail manuel.

  • Reply J'ai écrit 13/03/2016 at 01:04

    C’est drôle de retrouver des lieux et noms familiers en lisant ton article. Tout cela a été mon quotidien pendant un an, tous ces noms, ces marchés, ces monuments, que je n’ai donc visité une fois. Je conseillais aux gens en général deux jours dans la capitale en ne comptant pas l’ile de la soie, si un arrêt en campagne était prévu plus tard dans le séjour. De jolies photos !

    • Reply Charlie 18/03/2016 at 08:46

      Tu as vécu la bas? Quelle chance, je suis tellement nostalgique du Cambodge.
      Je suis certaine que j’ai raté plein de lieux… Tu as des autres choses à proposer que j’aurai zappé?

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